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Découverte d'une collusion entre la BSA et la Commission Européenne
Pour qui travaille la CE ?
EuroLinux
Alliance
petition.EuroLinux.org
For immediate Release
Paris, Munich, Amsterdam - 2002-02-19 -
La commission européenne devrait approuver ce mercredi une proposition de directive sur les brevets
logiciels. EuroLinux est parvenu à obtenir une version préliminaire
de cette directive. Ce document a également été reçu par des
représentants officiels des gouvernements européens.
Curieusement, l'auteur du document si l'on se réfère au
fichier Microsoft Word, se trouve être Francisco Mingorance (franciscom@bsa.org),
expert en propriété industrielle et "director of public policy" à la BSA (Business Software Alliance),
une association qui représente les intérêts des grands éditeurs américains de logiciel
en Europe.
Les brevets logiciels constituent un enjeu majeur pour la société de l'information.
Le droit d'auteur est aujourd'hui la meilleure façon de protéger les logiciels
contre le piratage. "Le droit d'auteur offre un moyen simple et très efficace
de protéger l'économie du logiciel" déclare Matthias Schlegel, PDG de Phaidros. "Le droit
d'auteur est le système de protection préféré des petites et moyennes entreprises du logiciel [1].
EuroLinux est particulièrement attaché au droit d'auteur." ajoute Harmut Pilch pour l'Alliance EuroLinx.
Les brevets logiciels permettent quant à eux à une entreprise de
monopoliser à elle seule une idée de logiciel (ex. brevet EP0800142 sur la conversion des noms
de fichiers entre DOS et Windows) ou une idée de méthode d'affaires sur Internet (ex. brevet
EP0756731 sur la création d'incitations d'achats par le distribution de recettes de cuisine),
empêchant ainsi toute autre entreprise d'utiliser la même idée, y compris en la mettant en
oeuvre de façon différente. Comme les logiciels sont toujours créés en combinant
quelques idées innovantes à de très nombreuses idées connues, tous les éditeurs de logiciels
européens sont actuellement contrefacteurs d'une centaine de brevets parmi les 50.000
brevets logiciels que possèdent IBM, Microsoft, Sun ou Sony, etc.
"Aussi, au lieu de protéger les éditeurs, les brevets logiciels créent une incertitude juridique
gigantesque qui permet aux grandes entreprises des technologies de l'information de contrôler
complètement l'économie du logiciel, de bloquer l'innovation et de bloquer la concurrence
en interdisant à certains logiciels d'être compatibles avec les autres." déclare
Stéfane Fermigier, PDG de Nuxeo. "Les brevets logiciels permettent aux grandes
entreprises des technologies de l'information de voler la propriété intellectuelle
des petits éditeurs et à s'emparer de leurs créations protégées par le droit d'auteur
en les forçant à dévoiler leurs idées les plus innovantes
en échange du droit de vivre.", ajoute Jean-Paul Smets, PDG of Nexedi.
Le contenu de la proposition de directive préliminaire légalise les pratiques
illégales de l'Office Européen des Brevets [5] qui consistent à accorder des brevets
sur les logiciels et sur les méthodes d'affaires [2]. La proposition de directive
se fonde sur la notion de "technicité" pour définir ce qu'est une invention mais
ne définit pas ce qu'est la "technicité", laissant ainsi la porte ouverte à une
extension du brevet sans limites. La proposition de directive ne contient
aucune disposition permettant d'interdire le brevetage des standards de l'Internet,
de garantir l'interopérabilité et la libre concurrence, de protéger les PME contre
le terrorisme juridique ou de garantir que les shareware ou les logiciels libres
ne soient pas menacés. Elle annonce un contrôle global de la société
de l'information par quelques grandes entreprises des technologies de l'information,
pour la plupart américaines ou japonaises.
Les brevets sont supposés promouvoir l'innovation. Or, toutes les études économiques
montrent que l'introduction des brevets dans l'économie du logiciel
freine l'innovation. [3,4,6,7,8]
Les brevets sont supposés protéger les petits inventeurs. Or, les mêmes études
montrent que les inventeurs européens du logiciel devront faire face à un risque juridique
accru sans pour autant bénéficier d'une meilleure protection.
Selon le traité de Rome, les directives communautaires sont supposées
élever le niveau de protection des consommateurs et contribuer au développement
des technologies. Or, cette proposition de directive décourage l'innovation et autorise
le prélèvement d'une véritable taxe sur toutes les activités économiques
faisant appel à l'informatique. Cette proposition de directive est donc contraire au traité de Rome
et constitutionnellement illégale.
EuroLinux espère qu'en rendant public ce document préliminaire, la commission sera
incitée à publier sans délai le document final en même temps que le communiqué de presse
et que les citoyens européens pourront être aussi bien informés que la BSA.
Draft Directive
Le texte préliminaire peut être obtenu à l'adresse http://petition.eurolinux.org/pr/proposal.doc
Un commentaire du texte rédigé par EuroLinux peut être obtenu à l'adresse
http://swpat.ffii.org/vreji/papri/eubsa-swpat0202/.
Il aidera le lecteur à comprendre les implications fortes des subtilités techniques de la proposition de directive..
Références
[1] Acceptable protection of software intellectual property: a survey of
software developers and lawyers. Effy Oz. Information & Management 34.
Elsevier 1998.
[2] European Software Patent Horror Gallery -
http://swpat.ffii.org/vreji/pikta/mupli/index.en.html
[3] What is behind the recent surge in patenting? Samuel Kortum, Josh Lerner.
Research Policy 28. 1999. Elesevier
[4] Abstraction oriented property of software and its relation to
patentability. Tetsuo Tamai. Information and Software Technology. 1998.
Elsevier.
[5] Juridical Coup at the European Patent Office -
http://petition.eurolinux.org/pr/pr14.html
[6] Software Patentability with Compensatory Regulation: a Cost Evaluation.
Jean Paul Smets and Hartmut Pilch. Upgrade February 2002
http://swpat.ffii.org/stidi/pleji/
http://www.upgrade-cepis.org/issues/2001/6/up2-6Smets.pdf
[7] Fraunhofer Study about the Economic Effects of Software Patents. Micro
and Macroeconomic Implications of the Patentability of Software Innovations.
German Federal Ministry Economics and Technology. November 2001.
http://www.bmwi.de/Homepage/Politikfelder/Technologiepolitik/Technologiepolitik.jsp#softwarepatentstudie
http://www.bmwi.de/Homepage/download/technologie/Softwarepatentstudie_E.pdf
[8] Stimulating competition and innovation in the information society.
Conseil Général des Mines. September 2000. -
http://www.pro-innovation.org
L'Alliance EuroLinux pour une Infrastructure Informationnelle
Libre est une coalition ouverte de sociétés
commerciales et d'associations sans buts lucratifs unies pour
promouvoir et protéger une culture logicielle européenne
forte, basée sur les standards ouverts, la concurrence, Linux
et les Logiciels Libres. Les sociétés membres ou
associées à EuroLinux développent ou
commercialisent des logiciels sous des licences libres, semi-libres
ou non-libres, pour des systèmes d'exploitation tels que
Linux, MacOs, ou Windows.
L'Alliance EuroLinux a lancé le 15 juin 2000 une pétition
électronique pour protéger l'innovation logicielle en
Europe. La pétition EuroLinux a reçu à l'heure
actuelle un soutien massif de plus de 100 000 citoyens européens,
2000 responsables d'entreprises, et 300 sociétés
commerciales.
L'Alliance EuroLinux a co-organisé en 1999, avec
l'ambassade de France au Japon, la première conférence
euro-japonaise sur Linux et le Logiciel Libre. L'Alliance EuroLinux
est à l'initiative du site web www.freepatents.org
pour promouvoir et protéger l'innovation et la compétition
dans l'industrie européenne des Technologies de l'Information.
Contacts presse
France et Europe: Jean-Paul Smets jp@smets.com
+33-6 62 05 76 14 Allemagne et Europe: Harmut Pilch phm@ffii.org
+49-89 127 89 608 Danemark et Europe du Nord : Anne Østergaard
aoe@sslug.dk Belgique : Nicolas
Pettiaux nicolas.pettiaux@linuxbe.org
URL permanente pour ce communiqué
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