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Application
prochaine des brevets Internet américains en Europe
? L'avant-projet
de la Convention de La Haye définit les fondements légaux
d'une censure globale sur Internet
Alliance EuroLinux
petition.EuroLinux.org
Pour diffusion immédiate
Paris. 2001-06-05. L'avant-projet de la Convention de La
Haye doit être révisé à partir du 6 juin.
La Convention de La Haye définit un ensemble de mesures pour
l'exécution des décisions de justice à
l'étranger dans le cas de contentieux internationaux. La
version préliminaire de la convention inclut la propriété
industrielle et la propriété intellectuelle dans son
champ d'application potentiel. Si cet avant-projet était
approuvé, la convention de la Haye permettrait en pratique :
d'appliquer les brevets américains
en Europe ;
d'appliquer des lois non européennes pour censurer des
sites web Internet européens.
Une compagnie européenne publiant un service web de
réservation aérienne mondiale par Internet sur un
serveur situé en Europe pourrait être poursuivie aux USA
par PriceLine pour violation du brevet numéro 5 794 207. Un
juge américain pourrait obliger cette compagnie à
bloquer son accès aux citoyens américains, à
moins d'obtenir de PriceLine une licence d'exploitation. Avec
l'avant-projet actuel de la Convention de la Haye, un tel jugement
serait exécutoire en Europe.
Un chercheur qui publie sur un serveur européen un article
sur la faiblesse des techniques de chiffrement utilisées dans
l'industrie des média (par ex. CSS, SDMO, etc.) pourrait être
poursuivi aux États-Unis pour infraction au Digital Millenium
Copyright Act. Un juge américain pourrait décider que
ce chercheur européen doit bloquer l'accès à son
article scientifique à tous les citoyens américains.
Avec l'avant-projet actuel de la Convention de la Haye, un tel
jugement serait exécutoire en Europe.
Comme toutes les techniques connues pour empêcher l'accès
d'une catégorie de citoyens, de personnes, de pays ou
d'adresses IP peuvent facilement être contournées
par l'« email tunneling » (une
technique qui consiste en l'encapsulation de tout protocole Internet
dans des messages électroniques chiffrés), les deux
seules façons sûres de faire appliquer des jugements qui
imposent de bloquer l'accès à un serveur impliquent
soit de fermer complètement les services ou les contenus
européens qui contreviennent aux lois étrangères,
créant ainsi les conditions d'une censure globale, soit
d'interdire le chiffrement, en empêchant donc tout respect de
la vie privée sur Internet.
Les membres de la Conférence de la Haye incluent tous les
pays européens, ainsi que l'Argentine, l'Australie, le Brésil,
la Bulgarie, le Canada, le Chili, la Chine, la Croatie, Chypre, la
République Tchèque, l'Egypte, l'Estonie, la République
de Macédoine, la Géorgie, la Hongrie, Israël, le
Japon, la République de Corée, la Lettonie, Malte, le
Mexique, Monaco, le Maroc, le Pérou, la Pologne, la Roumanie,
la Slovaquie, la Slovénie, le Surinam, la Suisse, la Turquie,
les États Unis d'Amérique, l'Uruguay et le Vénézuela.
Certains de ces pays sont bien connus pour leurs pratiques
agressives en termes de brevets logiciels, ou leurs lois restrictives
sur la liberté d'expression. En particulier, EuroLinux est
très inquiète des possibilités éventuelles
d'application en Europe des brevets logiciels et Internet. EuroLinux
demande aux membres de la Conférence de la Haye de geler les
projets actuels d'extension de l'exécution de jugements à
l'étranger aux domaines de la propriété
industrielle et intellectuelle, jusqu'à ce que leurs
conséquences sur les logiciels et Internet aient été
minutieusement examinées.
Références
La page du CPT (Consumer
Project on Technology) sur la Conférence de la Haye de Droit
International Privé (en) -
http://www.cptech.org/ecom/jurisdiction/hague.html
Conférence de la Haye
de Droit International Privé (en/fr)
- http://www.hcch.net/f/conventions/draft36f.html
L'avant-projet sur la
propriété intellectuelle (en)
-http://www.cptech.org/ecom/jurisdiction/IPWorkgroup3.pdf
La pétition EuroLinux
pour une Europe sans brevets logiciels (fr/en/...) -
http://petition.EuroLinux.org/
Le brevet de PriceLine déjà controversé (en)
- http://www.usatoday.com/life/cyber/tech/ctg949.htm
L'auteur de DeCSS arrêté (en) -
http://www.slashdot.org/articles/00/01/25/0827258.shtml
Les gangsters du Copyright (en) -
http://www.thestandard.com/article/0,1902,24208,00.html
Des informaticiens français cassent la SDMI, et publient
les résultats
- http://www.linuxsecurity.com/articles/hackscracks_article-2370.html
L'Alliance EuroLinux pour une Infrastructure Informationnelle
Libre est une coalition ouverte de sociétés
commerciales et d'associations sans buts lucratifs unies pour
promouvoir et protéger une culture logicielle européenne
forte, basée sur les standards ouverts, la concurrence, Linux
et les Logiciels Libres. Les sociétés membres ou
associées à EuroLinux développent ou
commercialisent des logiciels sous des licences libres, semi-libres
ou non-libres, pour des systèmes d'exploitation tels que
Linux, MacOs, ou Windows.
L'Alliance EuroLinux a lancé le 15 juin 2000 une pétition
électronique pour protéger l'innovation logicielle en
Europe. La pétition EuroLinux a reçu à l'heure
actuelle un soutien massif de plus de 70 000 citoyens européens,
2000 responsables d'entreprises, et 200 sociétés
commerciales.
L'Alliance EuroLinux a co-organisé en 1999, avec
l'ambassade de France au Japon, la première conférence
euro-japonaise sur Linux et le Logiciel Libre. L'Alliance EuroLinux
est à l'initiative du site web www.freepatents.org
pour promouvoir et protéger l'innovation et la compétition
dans l'industrie européenne des Technologies de l'Information.
Contacts presse
France et Europe: Stéfane Fermigier sf@fermigier.com
+33-6 63 04 12 77 Allemagne et Europe: Harmut Pilch phm@ffii.org
+49-89 127 89 608 Danemark et Europe du Nord : Anne Østergaard
aoe@sslug.dk Belgique : Nicolas
Pettiaux nicolas.pettiaux@linuxbe.org
URL permanente pour ce communiqué
http://petition.EuroLinux.org/pr/pr11.html http://petition.EuroLinux.org/pr/pr11.pdf
Informations légales
Linux est une marque déposée de Linus Torvalds. Tous
les autres copyrights et marques déposées sont
propriétés de leurs compagnies respectives.
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