Non
aux brevets logiciels
Une pétition pour
protéger l'innovation logicielle en Europe
Alliance EuroLinux
petition.eurolinux.org
Pour diffusion immédiate
Berlin, Bruxelles, Copenhague, Francfort, Paris, Maastricht,
Metz, Munich et Nuremberg, 15/6/2000 - L'Alliance EuroLinux
- un groupement d'éditeurs de logiciels européens
et d'associations de promotion des logiciels libres - lance une
pétition pan-européenne pour une Europe sans brevets
logiciels. Cette pétition a déjà reçu le
soutien d'éditeurs de logiciels commerciaux en Allemagne,
Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France,
Italie, Hollande, Norvège et Suède.
Conjointement à cette pétition, l'Alliance EuroLinux
publie "Le
dossier EuroLinux sur les brevets logiciels", un document
qui permet à tout un chacun de comprendre en moins de 15
minutes les dangers des brevets logiciels. Ce document, fondé
sur une analyse économique et juridique approfondie, donne des
preuves flagrantes de l'impact négatif des brevets logiciels
sur l'innovation et la concurrence. Il montre que la Commission
Européenne a uniquement pris en compte le point de vue des
experts en propriété industrielle et des acteurs
dominants de l'industrie électronique en s'inspirant de
décisions récentes de l'office américain des
brevets. La Commission n'a pas souhaité prendre en compte le
point de vue des éditeurs de logiciels européens
innovants. En outre, son processus de prise de décision a fait
l'impasse sur les dispositions du traité de Rome qui
l'obligent normalement à renforcer la concurrence, la
protection du consommateur, la sécurité du public, la
croissance industrielle et la diversité culturelle en Europe.
Frank Hoen, président de NetPresenter, une société
hollandaise qui a inventé les technologies « push »
sur Internet, prévient : « Les analystes financiers
doivent être conscients que le système de brevets
logiciels, tel qu'il a évolué aux Etats-Unis, provoque
de nombreux conflits juridiques sans pour autant parvenir à
protéger les vrais inventeurs et les investisseurs dans le
domaine du logiciel. C'est un système qui permet à des
société pourvues de départements juridiques
puissants, et souvent peu innovantes, de s'approprier ou de bloquer
le travail de concurrents innovants. Comme l'ont montré des
économistes du MIT et de Harvard, un système fondé
sur le droit d'auteur, ou sur un droit sui generis similaire,
protège bien mieux les investissements dans l'édition
de logiciels que ne le fait le système des brevets américains
dans son état actuel. »
Pour Jacques Le Marois, Président de MandrakeSoft SA, « les
brevets logiciels constituent un danger majeur, non seulement pour
les éditeurs de logiciels libres ou les fournisseurs de
services autour de Linux, mais également pour toute
l'industrie des technologies de l'information. Les éditeurs de
logiciels et les sociétés innovantes dans le domaine de
l'Internet aux Etats-Unis sont constamment sous la menace d'une
guerre de brevets, simplement parce que des techniques aussi
évidentes que la publication d'une base de données sur
le Web font l'objet aux Etats-Unis de brevets. Et ce système
absurde engendre globalement plus de pertes que de profits pour
l'industrie informatique. »
Roland Dyroff, PDG de SuSE AG, ajoute : « Dans le
domaine du logiciel, contrairement à d'autres industries,
l'introduction du brevet peut avoir des effets particulièrement
contre-productifs sur l'innovation. L'écriture d'un logiciel
est très similaire à l'écriture d'un livre : il
n'est pas très difficile de trouver des idées géniales;
la vraie difficulté consiste à les mettre en oeuvre de
façon claire et fiable. Accorder des brevets à des
logiciels aurait le même effet qu'accorder des brevet à
des formes d'expression littéraire. Ainsi, si un brevet avait
été accordé pour l'idée d'un roman
décrivant la vie d'un personnage historique réel sous
forme de fiction, et que les écrivains étaient
contraints de payer des droits pour écrire de tels romans,
combien d'auteurs continueraient à écrire des romans
historiques ? C'est la même chose dans le logiciel. C'est
pourquoi j'estime que les lois éprouvées sur le droit
d'auteur ont démontré qu'elles étaient le cadre
le plus adéquat pour assurer la protection des éditeurs
de logiciels, tout en promouvant la diversité technologique et
l'innovation. »
« Les technologies de l'Internet ont été
conçues sur la base de logiciels non brevetés et ces
technologies sont aujourd'hui à l'origine d'une croissance
économique parmi les plus fortes de l'histoire, »
affirme Ralf Schwöbel, PDG d'Intradat, un éditeur de
logiciel de commerce électronique leader en Allemagne,
« l'introduction des brevets logiciels sur les méthodes
d'affaires dans ce système complexe risque de provoquer un
cycle de récession économique au lieu d'accélérer
la croissance. Je suis donc très surpris que les autorités
européennes n'aient jamais considéré ce risque,
et n'ait pas non plus pris en compte le fait que c'est bien l'absence
de brevets qui a permis les succès de l'Internet. »
Et Jean-Pierre Laisné, PDG de Linbox SA, de conclure : « si
toute personne qui écrit une application Web risque d'être
poursuivie comme contrefacteur de brevet, qui va prendre le risque de
devenir une criminel en combinant un serveur de base de données,
un serveur Web et un langage de script ? Face au risque juridique
énorme engendré par les brevets logiciels, plus
personne ne sera libre en pratique d'utiliser son imagination pour
développer et commercialiser des services innovants sur
Internet. Et cela risque d'aboutir à un ralentissement de
l'économie. »
Cette campagne constitue une réponse d'associations
informatiques et d'éditeurs de logiciels européens aux
discours essentiellement idéologiques récemment tenus
par la direction générale du marché intérieur
à la commission européenne, et qui indiquent que la
commission va prochainement présenter une proposition de
directive visant à étendre le champs d'application des
brevets européens aux logiciels et aux méthodes
intellectuelles, en ignorant les objections des éditeurs de
logiciels européens, en refusant d'étudier l'impact
économique de la brevetabilité du logiciel et en
rejetant sans l'ombre d'une explication les objections soulevées
par d'autres direction générales à la commission
européenne.
De précédentes campagnes sur le même thème
avaient obtenu il y a un plus de 10000 signatures de la part de
développeurs de logiciels. Cette pétition n'est que le
début d'une nouvelle campagne qui utilise des « e-techniques »
(pas encore brevetées, espérons-le) pour permettre à
des volontaires de participer à l'effort de sensibilisation.
Les signatures seront déposées de façon formelle
au parlement européen d'ici trois mois.
Références
La pétition EuroLinux pour une Europe sans brevets
logiciels - http://petition.eurolinux.org
Le
dossier EuroLinux sur les brevets logiciels -
http://petition.eurolinux.org/reference
Intellectual
Property Law in a Global Economy, the hidden patent agenda of the
European Commission - http://www.eurolinux.org/news/agenda/
Sociétés citées dans cette annonce de
presse
NetPresenter - www.netpresenter.com MandrakeSoft
- www.mandrakesoft.com SuSE
- www.suse.de Intradat -
www.vshop.de Linbox -
www.linbox.com
L'Alliance EuroLinux pour une infrastructure informationnelle
libre est une coalition ouverte de sociétés
commerciales et d'associations à but non lucratif unies pour
promouvoir une culture informatique européenne fondée
sur les standards ouverts, la concurrence, Linux et les logiciels
libres. Les sociétés membres ou associés aux
campagnes d'EuroLinux développent ou commercialisent des
logiciels sous des licences libres, semi-libres ou non libres pour
des systèmes d'exploitation tels que Linux, Windows ou MacOS.
L'Alliance EuroLinux a co-organisé en 1999, en partenariat
avec l'ambassade de France au Japon, la première conférence
euro-japonaise sur Linux et les logiciels libres. Elle est également
à l'initiative du site www.freepatents.org
dont le but est de promouvoir et de protéger l'innovation dans
l'industrie informatique européenne.
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France & Europe: Stéfane Fermigier sf@fermigier.com +33-6 63 04 12
77
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phm@ffii.org +49-89 127 89
608 Danemark et Europe du Nord : denmark@eurolinux.org Belgique
: belgium@eurolinux.org
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